Izanami perd la tête

La statue du Dieu fondateur du Japon ( le dieu qui se trouve toujours sur la terre) a vu sa tête décapitée par une roche volcanique dans l’éruption du mont Ontake

Le mont Ontake (3 185m) « qui dans l’esprit des Japonais, ne le cède en sainteté qu’au seul mont Fuji » est appelé aussi Mitake.

N’y voyons aucun sombre présage quant à l’avenir du Japon…

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Shidô, ou la Voie du lettré.

Nous vivons une période dans laquelle, nous les occidentaux n’ayant pas connu la guerre, sur nos territoires tout au plus, depuis la fin de 1945. Période de moult échanges, accentués avec la mobilité des troupes militaires lors du dernier conflit mondial, avec les cultures orientales. Et notamment avec leurs conceptions socio-philosophiques au sujet de la transmission d’un savoir-faire militaire, issu pour leur quasi-majorité, d’un passé national sublimité par les élans nationalistes du moment. Le tout à la sauce orientaliste en vogue depuis la fin du XIXe dans l’occident bourgeois et rentier à la recherche de nouvelles extases.

Les 108 héros du populaire Suikoden

Les 108 héros du populaire Suikoden

La preuve en est par Bushidô.

 » Avec la victoire sur la Chine en 1895 le bushidô, de valeur d’opposition, devient une valeur éminemment positive. L’idée historiquement infondée du bushidô comme code d’honneur du samouraï médiéval se répand. En 1900, Nitobe Inazô (chrétien quaker mort en 1933) fait paraître aux Etats-Unis Bushidô, Soul of Japan. Il en fait une morale idéale parallèle de celle supposée de la chevalerie occidentale. Son ouvrage, sans aucun fondement historique (il s’agit plutôt d’une méditation de l’auteur sur la manière dont il conçoit la culture japonaise), est très apprécié en Occident, et du coup traduit en japonais en 1908. »

« Vouloir comprendre les comportements des guerriers du Moyen  ge à partir du bushidô tel qu’on l’interprète aujourd’hui nous conduit droit au contresens historique. Ces contresens sont pourtant fréquents dans le Japon d’aujourd’hui, et pas seulement au Japon. On les trouve fréquemment dans les livres à succès de la littérature japonaise comme dans les films hollywoodiens. »

Et le Shidô dans tout ça?

« Les deux mots bushidô et shidô se ressemblent et seront plus tard souvent confondus. Le shidô, c’est la Voie de celui qui place au centre la notion de shi (gentleman, lettré), qu’il faut entendre comme l’administrateur lettré au fait des enseignements du confucianisme. La notion de shi est, à l’origine, opposée à celle de bushi au sens de spécialiste du combat. On peut voir un exemple de cette Voie du lettré dans Okina mondô(Questions et réponses d’un vieillard) (vers 1640 ou 1641) de Nakae Tôjû (1608-1648), texte qui encourage l’étude des classiques confucéens, vante le lettré qui se comporte avec beaucoup de retenue et cherche à devenir un exemple pour le peuple, se moque de cette pensée brutale et rétrograde du siècle passé qu’on désigne sous le nom de bushidô. »

Les extraits cités proviennent du texte Figures du samouraï dans l’histoire japonaise Depuis Le Dit des Heiké jusqu’au Bushidô par Saeki Shin’ichi traduit du japonais par Pierre-François Souyri. 

Couverture de le Dit des Heiké

Articles complémentaires:

L’épopée Jules Brunet au Japon

Le Bushidô l’âme du Japon

 

Tellement évident de s’accroupir pour déféquer naturellement.

C’est en 1591 que Sir John Harington invente la chasse d’eau pour les toilettes. L’invention qui amena le changement de la posture pour déféquer. Nous faisant passer d’une position accroupie avec les cuisses repliées sur l’abdomen à une position assise avec les cuisses parallèles au sol. 

Quoi de plus naturel me diriez-vous ? Justement, c’est anti-naturel tout simplement !

Le manuel de gastro-entérologie de Bockus, datant de 1964, préconisait justement cette position accroupie comme la position idéale de défécation. Avec comme arguments des effets bénéfiques concernant les hémorroïdes, la constipation, voire le cancer du côlon.

Les défenseurs de l’accroupissement soutiennent que les toilettes conventionnelles génèrent un angle ano-rectal mal adapté à la défécation. En s’accroupissant, disent-ils, nous pouvons arriver à une « évacuation complète » du côlon, libérant ainsi nos intestins de toxines nocives pour la santé.

Mais voyons ça en images.

Diminuer l’angle au niveau des hanches avec un petit tabouret de chez l’enseigne bleue-jaune peut bien faire l’affaire. Sinon vous prenez 2-3 bottin téléphoniques et le tour est joué.

C’est tellement logique ! Regardez les personnes moins industrialisées ou même les enfants, ils ne se mettent pas à 90° dans la nature !

Rien de mieux qu’un film pour bien le comprendre.

Pour ceux qui aimeraient développer le sujet sur la position accroupie pourront relire mon article  « La sédentarité occidentale ou la civilisation de la chaise ».

Source: http://www.slate.fr/story/26941/cancer-hemorroides-toilettes-position-wc

Jamais deux sans trois.

Le temps passe à une vitesse phénoménale. Le temps de se retourner et voilà neuf mois qui se sont écoulés. onz_le_temps_passe

Neuf mois, c’est le temps de gestation nécessaire à un fœtus pour arriver à pousser son premier cri (dans le cas d’une grossesse normale). C’est ces neuf mois qu’il m’a fallu pour remettre l’assiette, pardon, pour l’enlever. Et recommencer un nouveau jeûne.

Je me rappel samedi dernier, pendant qu’on déjeunait au restaurant avec un groupe d’élèves, alors que je dégustais une tarte tatin faite maison, lancer entre deux bouchés une chute qui à fait arrêter tout le monde quelques secondes : je crois que je vais faire un jeûne lundi.

Ça fait un moment que j’en parlais de plus souvent, ressentant un besoin, de plus en plus pressant de procéder à ce petit protocole de nettoyage. Fort de mes expériences passées, j’ai commencé tout d’abord par une cure de foie.

Puis, me laissant une semaine de repos – et un stage d’Aunkai en plein milieu – j’ai pris mon dernier repas dimanche soir. En ayant au préalable procédé à un lavement.

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Mon petit déjeuner

C’est impressionnant la force de l’esprit et son emprise sur le corps. Dès le premier jour, aucune sensation de faim. Et la certitude d’accomplir quelque chose d’indispensable à son bien-être. Les jours se sont poursuivis tranquillement avec une facilité bien troublante aux fois précédentes .

Je suis même allé courir, juste six kilomètres, pour voir comment mon corps réagissait.

Je ne consommais que de l’eau. Au départ plate, puis j’ai rajouté un tout petit peu d’eau pétillante et aromatisée au citron. Sans oublier, le second jour de procéder à un nouveau lavement. C’est certainement ces lavements qui m’ont évité les douleurs dans la nuque et les reins qui m’ont bien fait souffrir les fois précédentes.
Quoi qu’il en soit mercredi soir, j’avais la pêche et je suis reparti pour faire une grande marche après le travail.

Jeudi, j’avais bonne mine selon mes collègues qui étaient impressionnés par ma démarche. Malheureusement, j’apprenais le jour même que la date du baptême (Eh, oui ! Je vais être parrain) a été rapprochée au dimanche. J’ai dû me résoudre à écourter le jeûne, on décidant de déjeuner (casser le jeûne) vendredi matin pour me laisser le temps de reprendre mon alimentation correctement.

Ce qu’on oublie vite le goût des choses….la pomme est un fruit merveilleux! Plein de saveurs et de goût, qui à su émerveiller mon palais ce jour. Tout autant que la soupe aux légumes dont je découvrais les saveurs « comme pour la première fois« .

Bien entendu mon tempérant « bon vivant » me fait souvent pêcher par gourmandise. J’assume donc tous mes kilos repris depuis neuf mois.

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Cette fois-ci aussi, malgré les 105 heures (je sais plus le chiffre est gros plus c’est impressionnant) ou quatre jours et demi de jeûne, j’ai affiché moins quatre kilos six cent sur la balance. Et je sais que demain, vu que je respecte la procédure de reprise alimentaire, l’aiguille reculera encore un peu.

Du piège de l’intellectualisation

Plus la conscience s’intellectualise, plus la matière se spatialise. Bergson, Évol. créatr.,1907, p. 190.

Le mouvement qui porte l’esprit à se déterminer en intelligence est ce que j’appelle le piège de l’intellectualisation.

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L’aspiration à un mouvement parfait peut amener l’esprit à morceler les sensations corporelles les unes des autres comme des étapes obligatoires d’un bon fonctionnement général finissant par en faire des concepts distincts extérieurs les uns des autres.

Cette illusion m’a accompagné un paquet d’années. Et même si certains prétendent que c’est grâce à elle que j’ai progressé, je dois admettre après le recul qu’elle m’a plus freiné qu’autre chose.

C’est pour ça que je suis sensible à l’attitude de mes élèves quand ils empruntent cette voie fort délicate.

Quand je les vois se bloquer sur un geste, freiner un mouvement qui devrait être spontané – peut importe qu’il ne soit pas juste, ou pas, suffisamment parfait, pas encore en tout cas – je me dis qu’il ne l’ont pas encore assimilé malgré des heures passées dessus.

Au lieu d’être dans le mouvement, de ressentir les interactions, ils réfléchissent, analysent, comparent au lieu d’être à l’écoute des sensations.

Monter sur un vélo par exemple, exige un contrôle d’équilibre, de la gestion du corps dans l’espace, de l’assimilation de l’outil – selle, pédales, guidon, poignets, freins…- et du démarrage ! Et pourtant c’est de la sûreté du démarrage que dépendra la conduite et la vitesse nécessaire pour à l’équilibre.

Comme l’ont dis des vieux maîtres ; tout est question d’un bon entraînement. Faut-il encore oser se lancer à l’eau !

Tendinite quand tu nous tient!

J’adore courir. Malgré le fait qu’un médecin m’as dit que j’avais les pieds d’un nageur, je n’ai jamais arrêté de courir. J’aime ça, c’est tout.

Lors de mes dernières vacances à Pornic, j’ai voulu remettre au goût du jour mes fivefingers en les enfilant pour des balades quotidiennes. Entre 8 à 10 km sur le chemin côtier. De la terre battue, des rochers, du dénivelé. Du Trail, quoi?!

5fingers

Sauf que les pieds ne sont pas habitués à une transition aussi directe. Malgré la fréquence quotidienne, les choses se sont bien passées. Jusqu’à mon retour, où j’ai commencé à ressentir des douleurs sous le talon.

Flut! Un tassement. Voilà, la première chose à laquelle j’ai pensé. Mais, malgré le repos, la douleur, intermittente, ne s’en allait pas. Je n’ai pas couru pendant 5 semaines. Massant le talon, le tendon d’Achille vers lequel la douleur à évoluée.

Et, merde! Une tendinite!  Manquer plus que ça! De toute façon, je m’en doutais.

schéma-tendon

Allo, Morgan? T’as une place pour moi?!

Morgan, c’est mon ostéopathe préféré. Si, si, je vous l’jure!

Voici donc l’avis d’un ostéo sur la question:

Une tendinite est une inflammation douloureuse d’un tendon musculaire, on parle également de tendinopathie.

Le tendon est une structure passive, dépourvu de capacités contractiles, et dont la fonction est de rattacher le muscle à l’os. Il intervient ainsi aussi bien dans la stabilisation que dans la mobilisation de l’articulation, lorsque le corps musculaire se contracte.

Au niveau de son organisation structurale, le tendon est composé de fibres de collagène disposées en parallèle dans l’axe longitudinal du tendon, ce qui lui confère une forte résistance face aux contraintes en étirement.

Lorsque les capacités de résistance du tendon se trouvent dépassées, comme par exemple lors d’un trauma (forte intensité) ou lors de l’accumulation de micro-traumatismes (geste répété à forte fréquence), le tendon subit une lésion s’accompagnant d’une inflammation locale associée à une douleur.

posture

Ainsi la tendinite peut aussi bien survenir après la pratique d’une activité sportive (modification quantitative ou qualitative de l’entraînement, changement de matériel…) que dans le cadre de l’activité professionnelle, surtout si les conditions mécaniques du poste de travail induisent des contraintes délétères et/ou répétées sur certains tendons. On parle alors de Troubles Musculo Squelettiques (TMS).                                                                                                      [source]

Bref, la séance terminée. Ça va nettement mieux!  « je suis morgane toi, Morgane! » :p

Question d’un lecteur sur l’énergie et l’efficacité au combat.

« Donc selon vous quel intérêt ces sensations étranges peuvent bien avoir pour développer l’efficacité en combat ? Si vous avez le temps d’y répondre pendant les vacances, votre avis m’intéresse grandement » [Commentaire]

Question ô combien délicate !

Comment se positionner sur la pratique des arts martiaux énergétiques et de leur efficacité en combat ?

J’en conviens, ce n’est de cette façon que votre question a été formulée, mais pour y répondre, il me fallait poser le contexte.

Déjà, le terme d’arts martiaux énergétiques n’est pas correct selon moi, même si une nomenclature de classement est utilisée depuis deux trois décennies pour essayer de faire valoriser une telle ou telle école. C’est un peu comme l’interne et l’externe.

Je vous livre une citation de Zhao Daoxin :

 » La distinction entre interne et externe provient, quant à elle, des compositions de lettrés fascinés par leur art martial qui, dans le but d’élever leur position sociale, faisaient ainsi étalage de leur virtuosité et de leur talent littéraire. « 

Et pour faire un trait d’humour, la seule école d’arts martiaux énergétiques que je connaisse, c’est celle de Muten Roshi (武天老師)   ;)

Pour revenir au sujet, réduit pour me permettre un essai de développement, au « flux de sensations énergétiques » lors des entraînements, du Taichi en l’occurrence vu que vous évoquez le livre de Kenji TokitsuTaï-chi-chuan; la genèse d’un art martial. (Part.2), et de leur influence sur l’efficacité en combat.

Je mets de côté vos interrogations sur les développements ou absences de développement de Kenji Tokitsu, car c’est à lui qu’il faudrait les poser.

Pour ma part, je fais la distinction entre l’entraînement et le combat. Simplement parce que je suis un pratiquant et non un combattant. Ça fait des années que j’ai oublié le fantasme du guerrier « invincible » qui est présent chez des nombreux pratiquants. Me contentant aujourd’hui du plaisir de la pratique avec des objectifs bien définis : santé, engagement et réalisme.

  • Santé, par une pratique bien pesée et réfléchie.
  • Engagement profond dans une école nouvelle mais respectant les principes des koryu japonais.
  • Réalisme dans le choix des pratiques connexes, axées sur la SD comme ACDS et Bataireacht par exemple.

Force est de constater que le pragmatisme de ces choix associé à une pratique profonde change indéniablement la façon de bouger. Et ça se ressent, impression personnelle, et se voit, retour extérieur.

Voilà, pour mon retour personnel. Bien maigre, je l’avoue. Trop sommaire, certainement. Simplement parce que je n’aime trop utiliser le vocabulaire « énergétique » tel qu’on le trouve dans les AMC sous forme de chiqi ou comme dans les AMJ sous forme de ki où celui-ci fait partie intégrante de leur vie et de leur culture.

Mais je ne suis pas insensible à la question des flux énergétiques ou autres sensations étranges, pour employer vos termes. Pour l’anecdote, j’ai assisté de nombreuses fois à un phénomène surprenant auprès d’Akuzawa sensei. Celui-ci semble « se charger » d’énergie et à besoin de l’évacuer. Ses poings et avant bras gonfles littéralement. C’est assez surprenant à voir.

S’il ne trouve rien pour « se décharger », il se frappe lui-même sur le corps pour éviter de blesser quelqu’un. Ceux qui ont assisté ou senti ses frappes pourront en témoigner. Et je ne parle de l’appréhension ressentie face à lui. ;)

Un beau mois d’août à tous!