Retour sur le stage de Dacheng quan avec Me Guo


J’ai découvert le Da Cheng quan par les écris de Kenji Tokitsu et j’ai poursuivis l’approfondissement de la discipline de Wang Xiang Zhai aux travers de quelques rares stages que j’ai pu faire dans ses trois représentations: Yi quan, Da Cheng quan et Tai ki ken.   Tout en poursuivant parallèlement ma propre quête.

Un élève du groupe marseillais, Farid, m’a appris sa prochaine et certainement la toute dernière venue vu son âge avancé. Le stage se déroulant à 30 mn de chez moi, j’ai tout naturellement répondu présent.

Quelques vingt-cinq participants se sont donnés rdv au club de Da cheng quan Croix-Roussien, majoritairement venu du club de Messimy sur Saône. Sans oublier deux suisses que j’ai croyais perdus sur les pentes de la Croix-Rousse mais qui en fait suivent Me Guo depuis plusieurs années. Au final sept heures de stage répartis sur la journée de samedi après-midi et dimanche. L’ambiance fut conviviale mais studieuse en même temps. Et la traduction assurée par Laurent, un élève de Me Guo du groupe marseillais et étudiant en langue chinoise.

Je ne vais pas présenter Me Guo car vous trouverez suffisamment de renseignement sur lui dans le blog de Laurent. Je ne vais pas non plus parler de l’école Dacheng quan dont je ne suis aucunement élève d’un quelconque représentant. Mais je vais essayer juste de vous retranscrire le contenu du stage et ce que j’en ais retenu ou compris.

Par contre j’ai envie de partager avec vous son intention qui a conditionné le stage.

Me Guo vient en France depuis 1999 et quelques pratiquants, Marseillais pour la plupart, sont partis plusieurs fois en Chine pour suivre son enseignement. Prenant conscience de l’âge et de son futur non-retour en France il a accentué le contenu de son stage pour donner les conseils les plus précis sur la manière de s’entraîner. Il a insisté également sur la pureté de son enseignement en France et sur le fait qu’il ne cache rien quant aux conseils pour une bonne compréhension de la méthode.

Stage avec Me Guo Lyon 2013
(photo de Joël Issartial)

Samedi 19/10:

Travail strictement postural axé sur zhan zhuang et le jiji zhuang. Lors de laquelle la part thérapeutique (Yang Chen Gong) à bien été identifiée et séparé de la part combat. Insistant sur la formation du corps et de la mise en place d’une structure correcte (tiens, ce n’est pas sans rappeler le leitmotiv de l’Aunkai)

Les consignes du travail furent les suivantes:

  • embrasser-envelopper (baoshi)
  • soulever-soutenir (chenglishi)
  • jeter-lancer (falishi)

Permettant le travail des cinq tendons (l’étirement de ceux-ci) indispensable au fali (sortie de force). Sans oublier les consignes essentielles comme:

  • le relâchement de l’ensemble du corps (épaules plus particulièrement)
  • la ligne des orteils ne devant pas être dépassé par les genoux
  • la « réservation » des kua avec le buste légèrement penché en avant (hayao)
  • les genoux serrons-rentrant légèrement  vers l’intérieur
  • menton rentré et le sommet du crâne tiré vers le ciel
  • la formation du triangle sur la partie haute du corps (cou-poignets-dorsaux)
  • la croix tridimensionnelle représentant les 3 forces et les 6 directions (haut-bas, devant-derrière, droite-gauche)
  • étirement des tendons et des os (les angles des poignets et des articulations des bras)
  • sans oublier la respiration (cracher-avaler)

Il a également insisté sur le relâchement du corps (du buste plus particulièrement) pour que les cinq organes puissent se relâcher aussi: le cœur, le foie, la rate, les poumons et l’estomac. Nous gratifiant à la fin d’un proverbe chinois: « Au sein de la quiétude, naît le mouvement » 

 Dimanche 20/10:

Le dimanche matin nous avons repris le travail vu la veille où papy Guo a insisté sur les consignes permettant le travail correct de Dacheng quan. Chose qu’il a illustré par sa souplesse étonnante en mettant son pied sur un rebord de fenêtre situé à hauteur de son visage malgré ses 81 ans chinois (la première année de gestation est comptée)

Au court des explications, la notion du travail interne-externe fut abordée sous un angle particulier. Le travail interne, c’est quand on travaille sur ses propres sensations, en intériorisation corporelle avec prédominance santé. Le travail externe c’est quand on cherche à « s’épanouir » à se relier avec l’extérieur.

L’après-midi a été un peu plus vivant, animé devrais-je dire car le travail du mocabu (la marche), du shili (tester la force) puis du fali (sortir la force) furent introduits. Le fali doit être bref et l’action ne s’arrête pas sur lui. Et nous avons fini l’après-midi sur un travail à deux autour des les essais de force.

  • Mocabu (déplacement en friction) Départ en jiji zhuang mais bras écartés parallèles au sol, on transfert le poids lentement (comme si en était immergé dans de l’eau ou boue épaisse) pour se retrouver en fente avant de ramener doucement la jambe arrière vers le milieu du pied avant, jambes pliés, pour la poser à 45° devant. La même chose en arrière tout en conservant l’équilibre en gérant les transferts de poids. Lentement d’abord puis rapidement pour vérifier si les pieds ne s’emmêlent pas et si l’équilibre est assuré.
  • Shili, travail lent pour tester la force. Où chacun prends la position qu’il souhaite et essaie de mouvoir son corps avec des mouvements opposés. Quand les mains « poussent » vers l’avant, le corps (le dos) tire vers l’arrière. Quand le coude droit pousse vers la droite, le buste tire vers la gauche (et l’inverse) Il était conseillé au début de ne pas chercher des petits mouvements mais au contraire de s’exercer sur des mouvements amples. Pour assouplir le corps et bien s’habituer à tous les paramètres recherchés
  • Fali, travail sur les sorties de force (application du shili) Le fali est bref, c’est comme un « déchirement » suite aux principes de forces opposés du shili. Il ne vient pas des muscles mais de l’étirement des 5 tendons (le cou, sous les aisselles et derrière les genoux) qui sont mobilisés pour former un tout.
  • travail du shili avec partenaire, lente puis « réel » ce qui a fait transpirer tout le monde

Pour Me Guo peu importe la forme de la boxe ou le style que l’on pratique, pourvu que l’on soit capable d’en sortir ce fameux fali.

Stage Me Guo

Le stage était très sympa, j’ai trouvé ce que je suis venu chercher. Des corrections sur ma pratique de zhan zhuang, des essais avec des pratiquants d’autres styles. Me Guo était souriant, amical, n’hésitant pas à donner pleins d’explications sur la façon de pratiquer. J’ai également beaucoup apprécié sa disponibilité comme par exemple quand j’ai demandé à sentir, toucher la mobilisation de ses tendons.

Très vif et en bonne forme physique pour ses 81 an il m’a surpris par sa vitalité malgré les pauses cigarettes qu’il s’octroyait (à croire que le tabac chinois est meilleur pour la santé 😉 )

 

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