La formation du corps, moyen ou objectif ?


Depuis quelques années un terme est à la vogue dans le milieu des pratiquants d’arts martiaux et de sports de combat, c’est la formation du corps. Et comme toute nouveauté, cette formation du corps à ses détracteurs. Alors avant d’essayer d’y voir plus loin essayons de déblayer un peu le sujet.

La formation du corps , certains l’idéalisent en proposant des exercices originaux, issu pour leur grande majorité du panel traditionnel mais rejeté fut un temps au nom du progrès, je pense notamment aux kettelebell ou clubells. D’autres en adaptent certains d’entre eux au goût du jour comme les élastiques, les sangles ou des longues et lourdes cordes.

Dans les deux cas le crédo reste le même, faire travailler l’ensemble de son corps de façon globale et équilibré.
On est pas sans penser aux athlètes sportifs, tant en natation qu’en courses par exemples qui passent pour la moitié de leurs temps d’entraînement dans une salle de gymnastique à tracter des poids, à faire du vélo ou autres exercices. Mais est-ce réellement la même chose ? Peut-on assimiler une préparation physique à la formation du corps évoqué plus haut ?


La préparation physique vise l’entretien de l’endurance, la puissance, l’adresse. Elle est toujours personnalisée car elle dépend du niveau et de l’objectif du sportif. Il n’y a pas une préparation physique mais des préparations physiques, presqu’autant qu’il y a de sportifs. Les programmes d’entraînements sont multiple car les compétences et le vécu de chacun imposent des adaptations particulières.

La formation du corps elle, se situe à un autre niveau d’exigence tant du pratiquant que de l’objectif recherché.

Les exercices recherchés tentent au développement de la conscience de son corps, de son essence. Aux travers des formes solo, on recherche l’alignement de la posture, une dynamique entre le haut et le bas du corps. Favorisant un bon équilibre entre les tensions musculaires et le mouvement.

Ils servent à comprendre l’action subtile des différentes composantes du corps et de s’en servir d’une manière optimale.

Nous pouvons nous apercevoir que la fin, l’objectif recherché est presque le même et que c’est juste le vocabulaire qui diffère. Même si certaines nuances permettent le classement bien distinct.
Mais alors au fond, qu’est-ce qui perturbe tant les détracteurs de cette formation du corps à qui la préparation physique paraît toute naturelle?

Ils affirment que le corpus des gestes techniques d’un style est la meilleure formation, préparation du corps à la pratique de ce style. Qu’il n’existe pas mieux que ces gestes pour s’échauffer et préparer la montée en puissance, rien de plus précis que ce corpus pour travailler ses synergies en action.

Que la pratique des arts martiaux inclue la notion « d’art martial » donc pas seulement d’une suite d’exercices de coordination ou d’une gymnastique où la stratégie, la tactique, la technique et ses principes seraient exclue.

Que cette insistante à vouloir toujours et encore « former son corps » ne cache qu’au fond qu’une insuffisance au niveau martial. Vu que les gestes techniques d’un style font travailler quelque chose de directement observable dans le corps. Et que faute de mieux on ne se raccroche qu’à ça et la formation du corps devient le seul objectif.
Je rejoins entièrement l’argumentation selon laquelle l’intérêt des formes (kata, tao lu, poomse), dans le cadre d’un AM c’est qu’elles sont comme un « trois en un » à l’image d’un shampoing. Quand on fait un AM, on ne fait pas que quelque chose de physique car forcement la transmission mise dans les formes comprend également des éléments techniques, tactiques ainsi que des éléments stratégiques et psychologiques.

La pratique des formes (kata, tao lu, poomse) se suffirait à elle-même en somme. A condition et à la condition seulement, je suis tenté de dire que celles-ci soient complètement compris et intégrés. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour la grande majorité des pratiquants.

Il suffit de voir pour cela l’étendue des abandons dans la pratique suite aux blessures aux hanches, genoux, dos ou autres. Et je passe sous silence obsolescence, plus adaptée ou pas du tout exploitée de l’aspect « psyco-technico-tactique ».

Question d’objectifs me retoquerons certains, peut-être. Choix pratique ou choix de la pratique suis-je tenté de leurs répondre.
Finalement ce n’est qu’un choix personnel et ce qui compte c’est la pratique. De bouger car le mouvement c’est la vie! 😉

Je tenais à remercier Michel Biays sans qui cet article n’aurait certainement pas eu lieu.

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