Mon maître à moi.

J’ignore si les pratiquants, peu importe les milieux où ils évoluent, sont pour certain, emprunt de rituels exotiques ou pas. Je pense que la plupart du temps il s’agît simplement d’une marque de respect.

Le vouvoiement d’un ancien, d’un responsable au travail. D’un Monsieur ou Maître (qui est toujours de vigueur dans les écoles), Professeur, Docteur et j’en passe. Tranche radicalement avec le tutoiement dans les salles de sport ou les dojo municipaux où on prétend pratiquer les Arts Martiaux.

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Le respect… Le respect ne se met en place qu’à la condition d’avoir la compréhension du cadre dans lequel on évolue. Sans quoi on cherchera constamment des comparatifs, la plupart du temps issue de nos propres paradigmes.

Et c’est justement cette symbiose de la compréhension, d’acceptation volontaire, motivée par l’envie de faire partie d’un groupe, d’une famille, qui permettra l’harmonie d’où le respect émergera tout naturellement.

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Et là, la hiérarchie sera non seulement comprise, elle sera vécue et acceptée.

On peut en voir des exemples dans des congrégations religieuses, dans l’armée et dans les disciplines asiatiques où ces notions sont inhérentes à la culture.

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Après, rien n’empêchera les dérives, les singeries et autres gurutismes. Comptera seule la sincérité du coeur. Car c’est elle qui nous montrera tels que nous sommes réellement.

Personnellement, il m’est déjà arrivé d’avouer à quelqu’un de proche qui m’accompagna pendant plusieurs années sur un chemin de connaissance et d’érudition, que je le considérais comme un mentor*. Même s’il ne l’a jamais revendiqué ni encore moins accepté par la suite.

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Il m’arrive au quotidien d’appeler mon maître d’arts martiaux, sensei 先生, avec la notion de professeur, car communément c’est comme ça qu’il se fait appeler.

Mais dans mon coeur il est et restera mon maître, mon shishô 師匠. Simplement par la relation particulière qui nous lie tout les deux. Et par tout ce qu’il m’apporte. Qui m’a fait évoluer dans des degrés inconnus et je lui serais éternellement reconnaissant.

Merci maître…..

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(*) mentor: (Littéraire) Guide attentif et sage, conseiller expérimenté : Servir de mentor à quelqu’un.

Question d’un lecteur sur l’énergie et l’efficacité au combat.

« Donc selon vous quel intérêt ces sensations étranges peuvent bien avoir pour développer l’efficacité en combat ? Si vous avez le temps d’y répondre pendant les vacances, votre avis m’intéresse grandement » [Commentaire]

Question ô combien délicate !

Comment se positionner sur la pratique des arts martiaux énergétiques et de leur efficacité en combat ?

J’en conviens, ce n’est de cette façon que votre question a été formulée, mais pour y répondre, il me fallait poser le contexte.

Déjà, le terme d’arts martiaux énergétiques n’est pas correct selon moi, même si une nomenclature de classement est utilisée depuis deux trois décennies pour essayer de faire valoriser une telle ou telle école. C’est un peu comme l’interne et l’externe.

Je vous livre une citation de Zhao Daoxin :

 » La distinction entre interne et externe provient, quant à elle, des compositions de lettrés fascinés par leur art martial qui, dans le but d’élever leur position sociale, faisaient ainsi étalage de leur virtuosité et de leur talent littéraire. « 

Et pour faire un trait d’humour, la seule école d’arts martiaux énergétiques que je connaisse, c’est celle de Muten Roshi (武天老師)  😉

Pour revenir au sujet, réduit pour me permettre un essai de développement, au « flux de sensations énergétiques » lors des entraînements, du Taichi en l’occurrence vu que vous évoquez le livre de Kenji TokitsuTaï-chi-chuan; la genèse d’un art martial. (Part.2), et de leur influence sur l’efficacité en combat.

Je mets de côté vos interrogations sur les développements ou absences de développement de Kenji Tokitsu, car c’est à lui qu’il faudrait les poser.

Pour ma part, je fais la distinction entre l’entraînement et le combat. Simplement parce que je suis un pratiquant et non un combattant. Ça fait des années que j’ai oublié le fantasme du guerrier « invincible » qui est présent chez des nombreux pratiquants. Me contentant aujourd’hui du plaisir de la pratique avec des objectifs bien définis : santé, engagement et réalisme.

  • Santé, par une pratique bien pesée et réfléchie.
  • Engagement profond dans une école nouvelle mais respectant les principes des koryu japonais.
  • Réalisme dans le choix des pratiques connexes, axées sur la SD comme ACDS et Bataireacht par exemple.

Force est de constater que le pragmatisme de ces choix associé à une pratique profonde change indéniablement la façon de bouger. Et ça se ressent, impression personnelle, et se voit, retour extérieur.

Voilà, pour mon retour personnel. Bien maigre, je l’avoue. Trop sommaire, certainement. Simplement parce que je n’aime trop utiliser le vocabulaire « énergétique » tel qu’on le trouve dans les AMC sous forme de chiqi ou comme dans les AMJ sous forme de ki où celui-ci fait partie intégrante de leur vie et de leur culture.

Mais je ne suis pas insensible à la question des flux énergétiques ou autres sensations étranges, pour employer vos termes. Pour l’anecdote, j’ai assisté de nombreuses fois à un phénomène surprenant auprès d’Akuzawa sensei. Celui-ci semble « se charger » d’énergie et à besoin de l’évacuer. Ses poings et avant bras gonfles littéralement. C’est assez surprenant à voir.

S’il ne trouve rien pour « se décharger », il se frappe lui-même sur le corps pour éviter de blesser quelqu’un. Ceux qui ont assisté ou senti ses frappes pourront en témoigner. Et je ne parle de l’appréhension ressentie face à lui. 😉

Un beau mois d’août à tous!