Les femmes dans le budô. (part 2/2)


Les femmes dans le budô et autres guerrières de légendes.

L’arme féminine par excellence dans la pratique contemporaine de budo est le naginata.

Le NAGINATA date du IXème siècle. En ce temps là, les Samouraïs décrivaient avec elle de grands mouvements circulaires, soit pour abattre les guerriers à cheval, soit pour couper les jambes des soldats à pied. On l’a beaucoup utilisée durant l’ère KAMKURA (1185). Elle devait par la suite, céder la place, comme le fit le sabre lui-même, aux armes à feu. Au début de l’ère EDO (1603), la NAGINATA était utilisée principalement par les femmes et les filles de Samuraïs comme arme de légitime défense et on considérait la NAGINATA comme partie essentielle de la dot. En parallèle, à cette époque, certains guerriers devinrent de grands maîtres dans le maniement de cette arme.

Femme guerrière

Pendant l’ère MEIJI, après la création du Budokukaï (1895°, la pratique de la NAGINATA perd son caractère militaire (Bujitsu) pour devenir une discipline personnelle (Budo).
Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, sa pratique faisait partie du programme scolaire féminin. Supprimée après la guerre, elle renaquit quelques années plus tard. La Fédération de NAGINATA du Japon fut fondée en 1955. Elle a codifié les différentes techniques des nombreuses écoles existantes alors, pour en faire un sport très précis, avec concours technique de » KATA » et rencontres de toutes sortes.
Aujourd’hui le NAGINATA est enseigné et pratiqué principalement par des femmes. De plus en plus cependant, il fait naître l’intérêt masculin et le nombre de pratiquants masculins est en augmentation. La Fédération Japonaise, reconnue par le Ministère de l’éducation, compte plus de 400000 pratiquants.

Le SHIN -SUMO : le sumo des femmes.

Le sumô pour femmes est appelé shin-sumo et un championnat du monde est même organisé.

Dès le 18ème siècle des combats de sumô pour femmes (onna-sumo) étaient organisés par des maisons de prostitution. Ce sport féminin fut cependant définitivement interdit en 1926. Contrairement au sumô traditionnel pratiqué par les hommes, qui a une très longue histoire et qui est associé à l’honneur, cette activité féminine liée à l’univers de la prostitution avait pour principal but de divertir un public masculin et devait par conséquent être considérée comme immorale.

Le dernier a eu lieu en octobre 2001 à Hirosaki (Nord du Japon). 17 pays y étaient représentés. C’est Ishigaya Satomi qui a remporté le titre dans les poids moyens. Elle fait partie du club de l’univeristé Nichidai (Nihon Daigaku). C’est la seule université au Japon à avoir des femmes dans son club de sumô, et ce depuis l’année 2000. Elles sont maintenant 5 femmes dans le club pour 40 hommes. Ce club universitaire de sumô a une bonne réputation car c’est de ses rangs que sont sortis des champions comme Wajima, Mainoumi et Kotomitsuki.

Kyudo, la voie du tir à l’arc japonais.

Les femmes dans le Kyudo. Les femmes sont nombreuses à pratiquer le Kyudo, tant en Europe qu’au Japon. Selon le «Manuel de Kyudo» de la Fédération japonaise,elles doivent exprimer dans leur tir «élégance et raffinement, tout en affirmant leur présence».Ainsi, les femmes peuvent exprimer leur spécificité au sein de cette discipline qui les magnifie particulièrement. Le port du kimono accentue encore la noblesse des attitudes en soulignant la géométrie de la posture. La Beauté fait partie des points essentiels de la pratique de cet art d’une esthétique parfaite dont la base est l’arc lui-même.

Passons maintenant à l’histoire et légendes (?) des femmes guerrières.

Au Japon les récits des batailles et les chroniques de guerre des périodes Heian, Kamukura et Muromachi ne relatent que des hauts faits d’armes de la classe des bushis, Mais les femmes n’apparaissent presque jamais.
A cette époque lointaine de l’Histoire du Japon, les rôles dédiés aux femmes dans les récits et légendes étaient assez basiques : la femme courageuse qui préfèrent mourir après la mort de son bushi de mari, la mère rancunière qui élève son fils pour accomplir une vengeance, la séductrice qui occupe l’esprit d’un grand chef et le plonge loin de ses devoirs de samouraï. Pour résumer, les femmes étaient donc soit massacrées, soit épargnées puis données à un noble ou un guerrier. Qu’elles soient violées ou ramenées à l’état d’esclave devaient être trop banal pour être mentionné plus tard dans les grandes épopées guerrières, tout comme le massacre et le pillage des paysans. Mais la mention de femmes guerrières (onna-musha) est restée très inhabituelle.

Onna Mushashya (femmes guerrières) 1880

Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous un peu sur le terme d’onna-musha. Ce terme est une abréviation de onna-bugeisha, qui s’écrit 女 武 芸 者. Mot à mot cela donne « femme-guerre-arts-pratiquante ». Bugeisha est « celui qui pratique les arts martiaux ». Bugei ce sont les « arts martiaux ». Le mot sha est une personne qui pratique quelque chose. Pensez à geisha, la personne « qui pratique les arts », soit une courtisane. Sha est juste une personne qui pratique, tout comme shi (士), mais ce dernier kanji se lit aussi samouraï. C’est pourquoi on l’évite dans ce contexte afin de ne pas se tromper. Le mot onna-bugeisha a été abrégé pour plus de facilité et de rapidité à le prononcer en onna-musha. Ces abréviations sont courantes en japonais, dans une langue qui recourt facilement aux ellipses de langage. Onna signifie toujours la femme, mu (武) est une autre lecture de bu. C’est donc dans tous les cas, une femme qui pratique la guerre.

Jeanne d'Arc

« Une loi irlandais de l’an 697 interdit aux femmes d’être soldats-ce qui signifie qu’auparavant ls femmes avaient bel et bien été soldats,
Comme exemple des peuples qui, à différents moments de l’histoire, ont eu des femmes soldts, on peut en autres mentionner les Arabes, les Berbères, les Kurdes, les Rajput, les Chinois, les Phillipins, les Maoris, les Papous, les Abrigènes d’Australie, les Micronésiens et les Indiens d’Amérique.
Les légendes de guerrières redoutées dans la Grèce antique abondent, Ces récits parlent des femmes qui suivaient un entrainement dans l’art de la guerre, l’usage des armes et la privation physique depuis l’enfance,
Elles vivient séparées des hommes et partaient à la guerre avec leurs propres régiments, Les récits abondent en passages indiquant qu’elles triomphaient des hommes sur les champs de bataille, Dans la litérature grècque, les amazones sont mentionnées par exemple dans l’Illiade d’Homère, récit datant d’environs sept siècles avant JC (1) »

Les "Vétérans" des AMAZONES de Béhanzin

Selon l’historien Diodore de Sicile, les amazones africaines viennent de Libye. Elles avaient disparu bien avant la guerre de Troie alors que celles de Thermodon en Asie Mineure étaient en pleine expansion. Les Gorgones contre lesquelles avait combattu Persée étaient aussi originaires de la Libye.
À l’ouest de la Libye, sur l’île d’Hespéra (situé dans le lac de Tritonis) habitait une tribu gouvernée par des femmes. Elles occupaient les postes les plus importants et restaient vierges durant le temps que durait leur service militaire et subissaient très jeune une ablation du sein droit dans le but de faciliter lemaniement de l’arc, la principale arme utilisée par ces amazones.

Athéna, déesse de la guerre.

En ne pourrais clore ce sujet sans parler de la déesse sumérienne Anatha, Reine du Ciel, qui est aussi la Déesse de la Lune (celle qui brille pendant la nuit). Neith, déesse de la Guerre et de l’amour des Libyens. Je veux parler d’Athéna , Assimilée par les Romains à Minerve.
Pour les Grecs elle est la Déesse de la guerre, mais elle est aussi la Déesse de la sagesse qui incarne la Raison, de l’Équité ce qui la diffère du Dieu de la Guerre, Arès qui représente la brutalité et la sauvagerie de la guerre. Elle participe aux combats de lutte contre les Géants et à la guerre de Troie, lésée par le jugement de Pâris, elle se range aux côtés des Grecs et elle les soutient activement.
Quoiqu’elle soit la déesse de la guerre, elle est heureuse quand elle peut soutenir le droit par des moyens pacifiques

« A l’époque, non seulement on n’envisageait pas qu’une femme puisse se battre, surtout au japon, mais on était bien certain qu’elle était inférieure (m^me si ce n’est certes pas le mot qui aurait été sans doute utilisé, mais le résultat est le même). Et parfaitement indigne de suivre ce genre de chemin. Autant intellectuellement que physiquement.. . «

Un point de vue différent, avec le rôle de la femme au moyen-âge.

(1) cité du livre de S. Larsson « Millénium » T3, p.193

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3 commentaires sur « Les femmes dans le budô. (part 2/2) »

  1. Wow c’est vraiment trop surprennant les onna bugeisha femmes samourai, jamais dans l’histoire de l’humanitee on accordait autant de respet envers la femme, de lui permettre de suivre un entrainement pareil (ca merite beaucoup de travail pour devenir samourai), faut comme meme avouer que le japon est un des pays dont l’histoire passione le plus. Mais c’est surtout leur croyances en les creatures mythologiques, superstitions et leur contes de guerriers et de guerrieres qui m’impressionent… jespere un jour pouvoir visiter le japon lorsque j’en aurai la chance

    1. Je ne crois pas que le Japon fut le seul qui à accordé autant de liberté, égalité, d’opportunisme ou de respect envers les femmes. Les exemples ne manques pas de femmes guerrières ou de pouvoir qui ont su s’imposer dans un monde d’hommes.

      Mais il est vrai que l’exotisme oriental véhiculé par le japon médiéval avec toute sa cosmogonie attire beaucoup par son côté mystérieux et légendaire. Je te souhaite de réaliser ton rêve et de t’y rendre un jour.

  2. C’est l’époque Kamakura, et Heian n’est pas une période guerrière bien au contraire mais se termine sur le début de l’ère du shogunat après l’épisode Minamoto no Yoritomo, à partir de là c’est kamakura.
    Article intéressant, mais j’aurai aimé plus de détails et surtout des exemples. Trop généraliste à mon goût.

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