La gymnastique militaire française.


Apparition des Arts Martiaux partie 2

Le développement des activités physiques ont toujours été considérés comme relevant de l’Etat plutôt que de l’initiative privé dans les représentations françaises. La pratique du sport à été marginalisée par les autorités qui lui préféraient des pratiques dont les valeurs semblaient plus en accord avec les besoins de la société.
Jusqu’à dans les années trente, le très fort poids des traditions militaires et médicales conforte la rupture entre la gymnastique et le sport en freinant le développement de celui-ci. Mais la légitimité de la gymnastique tient aussi à ses origines plus lointaines, ce qui amène à questionner la spécificité du cas français en revenant aux conséquences de la Révolution de 1789.

C’est la classe dominante qui à entretenue une longue tradition militaire avec un rapport fréquent à l’exercice (tournois, joutes, escrimes, équitation…).
Mais le petit peuple et la classe paysanne et les villageois, quant à eux, ont une tout aussi longue expérience des danses et des jeux de forces et d’adresse.
Mais la Révolution avec les changements de mentalités qui à permis de dépasser le culte de l’immobilité par l’impératif du mouvement. La légitimité de l’exercice physique connaît d’incontestables progrès, alors que les pratiques éducatives, médicales et militaires bénéficient de remarquables transformations.

Exercice sur un navire militaire français sous la 3ème République.

En dehors de l’aristocratie qui se bouscule dans les salles des professeurs de danse, d’escrimes et d’équitation pendant les trois République au XIXème siècle, c’est la prise de conscience du regard sur le corps qui est bouleversé. L’exercice physique est perçu comme un véritable outil de maîtrises des comportements dont les institutions militaires et médicales s’emparent aussitôt.

Dès lors, la médecine multiplie les recommandations dans des traités d’hygiène dont l’éventail des activités visées est de plus en plus large. Avec pour seul mot d’ordre, modération et précision.
Les découvertes scientifiques accompagnent les mutations de structuration de tout cet ensemble, par exemple la respiration de Lavoisier qui isole l’oxygène en 1777: qui transforme du coup le sens de la respiration et donc de l’exercice. « …la respiration devient source directe d’énergie et de force » G.Vigarello.

Au début du XIXème, l’homme politique souhaite réguler le corps social pour contrôler les comportements du peuple. Aboutissant à une mise en plca d’un consensus entre l’institution politique et l’institution médicale, l’école, la caserne, l’hôpital deviennent des laboratoires pour les hygiénistes.

Dès lors, la tradition médicale et la tradition militaire se rejoignent dans une gymnastique très analytique ou le geste est découpé et placé dans des séries précises orchestré par le supérieur hiérarchique. Mais elle ne trouve pas l’unanimité.

Francisco Amoros propose l’utilisation d’agrès destinés à produire des mouvements plus globaux.

Sa méthode rédigé en 1830, connaît un immense succès à l’Armée et influence considérablement les structures privées qui commencent à apparaitre. Des gymnases civiles et orthopédique, puis militaires sont crées.
Son influence est également est décisive dans l’élaboration d’un document qui jettera pour longtemps les bases de la gymnastique militaire et scolaire. (« Instructions pour l’enseignement de la gymnastique » F.Amoros 1846)

Ecole de Joinville

Et ainsi que dans l’ouverture, en 1852, de l’école militaire de Joinville-Le-Pont par l’un de ses élèves le Commandant d’Argy.  Au milieu du siècle beaucoup de gymnases se crées sur cet exemple. Certains d’entre eux sont des lieux réputés ou les hommes et les femmes s’adonnent à des exercices plus au moins tonifiants.

Gymnastique éducative, exercice des abdominaux (Joinille-le-Pont)

La défaite contre la Prusse en 1870 provoque une vive réaction dans la société. Désormais ouvriers, artisans et petits bourgeois se réunissent dans des sociétés de gymnastiques dans la vocation reste plus nationaliste et collective que commerciale et individuelle. Ces structures bénéficient des appuis d’autorité militaires. Grades militaires, saluts, chants, systèmes de sanctions systématique, drapeaux, hymnes, constituent un dispositif au sein du quel la pratique physique n’a de sens que rapporté au même esprit. Dans cette gymnastique la démonstration prime toujours sur l’engagement individuel. La gymnastique est lié à la préparation militaire jusqu’en 1914 avec l’idée de la revanche contre la Prusse.

Un courant parallèle se constitue tout de même avec les idées de jeu en plein air et d’un jeu éducatif face à la gymnastique militaire, P.Tissier, P. de Coubertin, J.Simon sont des acteurs de ces mouvements.
Pierre de Coubertin transforma le Comité Jules Simon en « Conseil supérieur de l’EP ». Il s’appropriera la devise du Père Didon : « Citius, altius, fortius ».

Un grand pas est franchi avec la constitution du mouvement olympique en 1896.

La classe ouvrière est de plus en plus influencé et sensibilisée, notamment grâce au mouvement des jeunesses catholique qui profite de la guerre entre l’Eglise et l’Etat.
Les jeux olympiques de Paris en 1900 ne sont qu’un spectacle inutile, d’un genre un peu différent des exhibitions des batteurs de foire, d’acrobates et hommes de forces qui attirent alors les badauds sur les places du marché. Le glas de cette gymnastique militaire fut sonné par la Grande Guerre….

1- Les deux personnages qui ont strucuré la gymnastique en France.

Si on accepte l’idée que c’est F. Amoros qui est le « père » de la gymnastique militaire essayant d’y voir un peu plus.

Don Francisco Amoros

Il naquît à Valence en 1870. Issue d’une famille noble, il suivit une carrière militaire comme ses ancêtres. Il fut ses premières expériences dans son pays d’origine et en 1805, il parvient à obtenir de Charles IV, la somme nécessaire et l’autorisation pour créer son institut dans lequel il fit ses premières expériences (Institut Royal Pestalozzien en 1805).
On y trouvait dans cet institut « des instruments et des machines qu’il avait inventé et qui étaient déjà dès cette époque caractéristique de sa méthode ».
Pendant ce temps là, Napoléon précisait ses vues sur la péninsule ibérique avec la volonté de la conquérir. Amoros mêlé de près avec la vie politique de son pays mise sur la partie de l’envahisseur et devient un collaborateur.


A partir de ce moment là, il fut traité de « Afrancesado » = Collaborateur. Après la défaite de Vitoria en 1813, Amoros fut obligé de s’exiler en France.
Arrivé en France en 1813, il connaît des débuts difficiles mais s’intégre rapidement et porsuit son œuvre.
Il s’associa à la Société pour l’instruction élémentaire et participa avec ardeur aux premiers travaux. Il y développa ses idées sur la gymnastique et les appliqua dans une institution privée puis dans un gymnaste municipal.
(Une anecdote le fut connaître : Un incendie éclata dans le quartier et Amoros et ses élèves firent « des prodiges d’agilités et de courage » ; les élèves et Amoros organisèrent une chaîne de seau d’eau pour éteindre l’incendie.
Le ministère de la Guerre décida l’ouverture d’un premier gymnaste militaire en 1817, dont Amoros sera le directeur. Il donne ainsi des cours aux sapeurs-pompiers de Paris puis en 1819, le ministère de la Guerre lui donna la direction d’un deuxième gymnaste militaire « Parc de Grenelle ».

Amoros possède une vaste culture allant de la psychologie à la mécanique et s’appuyant sur les nouvelles découvertes en physiologie.

La gymnastique « C’est la science raisonnée de nos mouvements et de ses rapports avec nos sens ».
Pour Amoros, les exercices étaient basés sur l’étude des organes (l’anatomie), sur celle de leur fonctionnement (la physiologie). Tout ceci étant lié au grand principe physique et mécanique.

 

Planche extraite du Nouveau manuel complet d'éducation physique, gymnastique et morale (vol. 2), de Francisco Amorós y Ondeano (Marquis de Sotelo), 1848.

On développait les sens auditifs, puisque les séances étaient souvent accompagnées au rythme du tambour et également par des chants. Ces chants qui par leur diversité incitaient au courage. Une grande importance était attaché à la démonstration des exercices physiques et une sensibilité particulière était portée sur les perception corporelles : elles étaient provoquées par l’exécution des exercices.

Les chants servaient à exalter les différentes valeurs morales de l’individu mais ses considérations morales étaient omniprésentes dans l’esprit d’Amoros (amour du prochain, du bien, du beau, la charité, le courage, les sentiments patriotiques).
Toutes ces vertus devaient être liées à la pratique de la gymnastique. Celle-ci devait également développer d’autres qualités notamment l’intelligence du mouvement, l’endurcissement de l’individu…

D’après Amoros, la gymnastique comprenait 4 parties :

– Gymnastique civile et industrielle (préparatoire à la pratique d’un métier).

 

Les Sociétés de gymnastique.

– Gymnastique militaire (la plus utilisée).

 

Gymnastique de sélection: le cheval.

– Gymnastique médicale et orthopédique (développé essentiellement par le courant suédois).

 

Gymnastique orthopédique dans le stade 1963

– Gymnastique scénique et funambulesque

« la gymnastique s’arrête où le funambulesque commence »

Carl Bush 1900

Les exercices élémentaires étaient souvent accompagnés de différents rythmes, chants préparant le corps et la voix. Par exemple, exercice des bras (flexion, marche, sautillement…). Sauts, équilibrisme, franchissement, lutte, monter à l’assaut, traverser, nager, porter, lancer, tirer, combattre à l’épée, équitation, danse et chants.


 

 

 

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