Hébertisme, ou le retour à une vie naturelle.


Fidèle à moi même, je continu à vous faire partager ma vision « de l’exercice » qui est pour moi lié à une pratique qui se veut de tendance « martiale ».

Un petit clin d’œil à l’histoire car les craintes de hier et les solutions proposés sont toujours d’actualité.

Au XIXe siècle, avec la diffusion du sport, différents courants proposèrent des théories parfois antagonistes sur l’éducation physique. Ce qui peut paraître hors contexte pour certains, est es réalité plus que « lié » à la notion d’engagement vis à vis de la pratique « martiale ». (cf. « La gymnastique militaire française » )

Et je dirais même plus à la notion philosophique de celle-ci:

« Surtout connue en tant que gymnastique d’application, la méthode d’éducation physique et morale qu’Amoros développe à Paris, dès 1816, est en réalité constitutive d’un projet libéral d’édification d’un citoyen vertueux, obéissant, utile et productif car raisonnable et autonome. En effet, à partir de différents types d’exercices, et sous couvert d’un renouvellement de sa conception des rapports du physique et du moral, Amoros fait de sa méthode un moyen pour améliorer tant les capacités cérébrales des élèves que leur faculté de raisonnement. Il invente ainsi une véritable gymnastique du cerveau, dont le fondement repose sur le pouvoir des exercices physiques à agir sur l’expression individuelle de la volonté. De fait, sa gymnastique entre dans l’arsenal des procédures subtiles de contrôle des comportements individuels. Comme moyen de discipliner la raison et la volonté, elle participe alors à rendre pensable et concrète l’organisation politique, économique et sociale des individus sur des bases modernes et libérales. »

Lier à cela la définition et la démarche de Hébert, comparer les travaux et l’implication de Ludwig Jahn et vous serez  surpris de la ressemblance avec tout le folklore martial d’extrême orient.

Georges Hebert.

Le retour à une vie naturelle.

Georges Hébert (1875-1957), officier de marine, observa les indigènes des pays qu’il visita et fut frappé par leurs capacités physiques. Bien que s’étant totalement inspiré des manières naturelles des habitants de certaines îles et d’ailleurs (Afrique), Georges Hébert a retranscrit la substance des mouvements observés dans une gestique praticable par les habitants d’Europe dans leur milieu propre. En déduisant que leur mode de vie correspondait à celui que la nature nous destinait.
Dans nos sociétés, les manières de vivre nous ont éloignés de cette vie naturelle. Cette réflexion rappelle le mythe du «bon sauvage» développé dans les ouvrages de Diderot, Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre.
« Mais tout comme Paul Carton (pour ce qui est de l’orientation médicale; il rallia la méthode dès qu’il en pris connaissance en 1912), n’a jamais ni situé ni posé les principes de la Méthode naturelle dans cette perspective. Il s’est fait non seulement l’observateur mais l’élève des « indigènes » et s’est efforcé d’en faire l’adaptation dans le monde occidental. C’est donc une démarche toute inverse.
Quant à Rousseau ou Diderot, tant la Méthode naturelle elle-même que la pensée qui l’anime sont aux antipodes de la parodie d »humanisme corrompu du premier et du racisme condescendant du second. Par surcroît, la Méthode naturelle s’accomplit dans l’anthropologie chrétienne et ne s’appuie donc pas sur l’athéisme révolutionnaire.
Il était nécessaire, à mon sens, de le signaler sans pour autant aller plus avant, ce qui serait hors sujet. « 

Herbert préconisa donc une méthode pour pallier cet effet pervers de la civilisation. Il répertoria les gestes naturels qu’il classa en dix catégories : la marche, la course, les sauts, le grimper, la quadrupédie, l’équilibrisme, le lever et porter, les lancers, la défense naturelle et la natation. Il s’agissait, à l’aide de ces différents types d’exercice, de développer les capacités individuelles, d’augmenter le rendement utilitaire de chacun (être fort pour être utile) et de susciter le goût de l’effort.
Mais ce n’était qu’un effet secondaire, une « retombée » en quelque sorte. Les exercices proposés sont tout d’abord la conséquence d’une confiance dans les œuvres de la vie, dans la réalité autrefois appelée natura medicatrix, mais ils s’inscrivent dans une perspective anthropologique. Hébert dénonça les dangers de la pratique sportive fédérale autant au plan physiologique que moral. Selon lui, le sport poursuit des fins qui lui sont propres et qui ne sont pas pédagogiques. Le sport spécialise donc fragilise. Il n’aboutit à rien d’utile : au professionnalisme et au spectacle.

Un diaporama sur Hebert et sa méthode

Les 8 exercices fondamentaux:

Complète et utilitaire, telle veut être la méthode x naturelle » du lieutenant de vaisseau Hébert. Et dans ce but. en matière de sport, selon lui, il ne faut jamais perdre de vue la nature. « Les procédés divers à employer pour devenir fort, écrit-il dans son Code de la force, ne se rattachent pas aux découvertes de la science; ils découlent de l’observation de la nature et de l’expérimentation. Le corps humain n’est pas une machine sur le fonctionnement rigoureux de laquelle on puisse raisonner a priori ; l’observation et l’expérience seules permettent de juger ce que le corps est capable de produire et de déterminer ce qui lui convient le mieux. » Et, comme conséquence de ce judicieux raisonnement, voici les bases fondamentales sur lesquelles son auteur fait reposer cette méthode naturelle de culture physique :
1° Production journalière d’une somme suffisante de travail permettant d’acquérir la résistance ;
2° Pratique méthodique des exercices que M. Georges Hébert nomme « utilitaires indispensables », soit huit groupes qui sont : la marche, la course, le saut, le grimper, le lever, le lancer, la natation et la défense naturelle (par la boxe et par la lutte).

 

La course

Ces huit groupes d’exercices sont tous utiles à des degrés différents dans tout le cours de l’existence. En dehors d’eux, il reste seulement des exercices tels que l’escrime, l’équitation, l’aviron… qui sont d’une utilité secondaire ou limitée à certaines catégories de personnes, ou bien des jeux, des sports, des exercices de fantaisie et acrobatiques, nullement indispensables.

La pratique des huit groupes d’exercices utilitaires constitue la partie essentielle de la méthode Hébert. Mais l’on y pourra ajouter :
1° une partie accessoire ou préparatoire, composée de mouvements élémentaires des bras, des jambes et du tronc, de mouvements correctifs de l’attitude, de mouvements inspiratoires, etc. ;
2° une partie complémentaire comprenant les jeux, les sports de toutes sortes et les travaux manuels les plus communs ;
3° une partie hygiénique qui comporte les bains d’air et de soleil, et l’entraînement à la résistance au froid qui s’opère principalement par le travail, le torse nu, au grand air en toutes saisons.

 

Le saut

Comme on le voit, la méthode du commandant Hébert se propose le développement complet de l’individu : le champion de footing qui ne saurait nager ou l’excellent nageur qui serait un mauvais marcheur ne sont ni l’un ni l’autre un homme complètement fort. Cette méthode, maintenant réglementaire dans l’armée navale, a été expérimentée sur près de dix mille sujets, sur des pupilles de la marine, des mousses, des novices et des matelots. sur des enfants, des adolescents et des adultes des deux sexes. A chaque expérience elle a donné les meilleurs résultats. Elle a émerveillé les officiers qui assistèrent aux exercices exécutés par les fusiliers du lieutenant Hébert à l’Ecole de Joinville ; elle étonna les Parisiens qui virent, en 1909, à la Grande Roue, six beaux athlètes. des fusiliers encore, accomplir en toute harmonie les douze épreuves de la série-type recommandée.

 

Adaptation au milieu naturel

La méthode naturelle a été supplantée, dans les années 1970, par la méthode sportive, qui privilégie l’excellence dans un sport plutôt que l’harmonie du développement physique et intellectuel, et dont les finalités sont plus individualistes et plus élitistes. (voir )

Passant au présent avec ces quelques vidéos:

Celle-ci n’est représentative que d’une spécialisation de certains aspects de la méthode. Je me suis décidé de l’inclure, pas seulement pour le spectacle mais plus pour un clin d’oeilWink

« Sans contester, et loin s’en faut, le caractère sympathique des différentes pratiques présentées, il peut être regretté un certain formalisme, que je qualifierais même de passéiste.

Je m’explique.

Bien que s’étant totalement inspiré des manières naturelles des habitants de certaines îles et d’ailleurs (Afrique), Georges Hébert a retranscrit la substance des mouvements observés dans une gestique praticable par les habitants d’Europe dans leur milieu propre.

– Ainsi, il n’y a aucune raison, au contraire, de se mettre pieds nus pour accomplir les parcours ou encore torse nu ou plus.

Les « urbanisés » ne marchent plus pieds nus depuis des lustres et leurs plantes de pied sont devenues fragiles. Il est même recommandé de porter plutôt de grosses godasses, style rangers ou Pataugas, pour pouvoir courir la campagne sans aucune restriction et pouvoir franchir les obstacles rencontrés sans aucune appréhension (chemins caillouteux, dénivellations, ronces, cours d’eau, etc.).

Il en est de même des vêtements qui doivent permettre de pouvoir occasionnellement ramper, se trainer au sol, progresser à quatre pattes (quadrupédie) sans craindre de se salir ou d’être frainer par la crainte de bousiller ses vêtements. De gros bleus de travail ou encore des treillis militaires sont bien mieux que des survêtements ou autres joggings « mode ».

Le terme anglo-saxon de « cross-country » implique une notion de tout-terrain. On parlait en France de marche ou de course rustique. C’est dire que la chaussure et le vêtement doivent être adaptés à cela.

– Le dénuement de certaines parties du corps (ou du corps entier) n’est qu’occasionnel et répond aux seules nécessités de bains d’air ou de lumière.
C’est donc une pratique qui n’a rien de systématique et d’un usage limité tant par sa durée propre que par la place occupée dans une séance.
Il ne s’agit pas de « faire sauvage » coûte que coûte.

– Enfin, concernant la cadence adoptée lors des marches ou des courses, elle n’est pas obligatoirement régulière et constante dans son rythme. Il conviendrait même qu’elle fût plutôt arythmique.

Il ne s’agit pas ici de développer la chose, mais ceux qui on fait l’armée se souviendront de ce qu’on appelle la « marche commando ».
Tantôt on marche, tantôt on court, tout ceci suivant des rythmes plus ou moins soutenus et constamment modifiés. Parfois on s’arrête même brièvement pour repartir l’instant d’après.
Eh bien, quant à la cadence, ce serait plutôt quelque chose de similaire. »

Pour terminer voici quelques liens et sites:
La quadrupédie.
http://www.fbh.be/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_H%C3%A9bert
http://www.fbh.be/
http://muscul.az.free.fr/historic/hebert/hebert_seance-00.html

et pour terminer la source de l’article et les participations de funcal.

 

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