Plus rien à craindre des Apaches!


Dans l’article précedent relatant les débuts du jiu-jiutsu parisien et tout particulièrement le combat entre Georges Dubois, maître d’armes et de boxe et Ernest Régnier dit Ré-Nié, lutteur formé à cet technique mystérieuse de combat au Baritsu-club de Londres en quelques mois à peine. Il à été montré comment certains promoteurs ont su « vendre » cet art exotique, venu d’un Orient fantasmé par des orientalistes de la Belle Epoque, véhiculant une idée d’invincibilité basé sur la ruse face à la force brute: la raison prime le muscle.

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A la differance de la lutte, le jujutsu n’est pas réservé aux individus à la stature imposante. La méthode japonaise développe une logique de maîtrise du combat accessible à tous. Cette par du rêve dans une recherche de puissance individuelle ancre sa réputation dans les mentalités collectives.(1)

C’est sur ce fantasme que la presse people du moment use et abuse par rapport à l’insécurité urbaine.

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Au début du XXè siècle la sécurité publique fait partie des préocupations quotidiennes, le Paris des années folles est survolté et la violence y a atteint son paroxysme.

« On s’y étourdit, on s’y saôule; on y tue et on s’y tue plus facilement qu’à tout autre phase de l’existance parisienne. » (2)

Les « apaches », les tristements célèbres voyous des barrières, sont à la une du Journal Illustré et du Petit Parisien.

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Amélie Hélie, prostituée de son état, dite « Casque d’or », fut au centre d’une lutte sanglante entre deux bandes rivales en janvier 1902, celle de Leca et celle de Manda.
Certains historiens pensent que ce fait divers est à l’origine de l’expression « Apache » attribuée aux malfrats parisiens. En effet, Arthur Dupin, journaliste près « Le Petit Journal » relate le violent combat entre les deux souteneurs et leur bande de la manière suivante:
« Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien! »
C’est sans doute à partir de ce moment-là que la presse commencera à utiliser régulièrement ce terme pour désigner les bandes de voyous qui sévissent dans les grandes villes.
D’autres historiens soutiennent qu’ils se seraient eux-mêmes surnommés ainsi, fascinés par les récits exotiques d’une littérature à quatre sous. La compagne publicitaire dont le jujutsu fait l’objet à l’automne 1905 relie, implicitement, le contexte international aux préoccupations individuelles. Le titre suivant; « Plus rien à craindre des Apaches grâce aux secrets de jiu-jiutsu enseignés en 50 leçons » touche l’imaginaire du public peu averti et entretient la confusion entre le sport et une méthode de sel-défense.

Les curieux de l’épopée des apaches trouverons leurs bonheur en porsuivant leur lecture « Apaches au trou! »

(1), (2) (etc.): Les sources proviennent du livre « Les racines du judo français: histoire d’une culture sportive » de Michel Brousse.

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