Japon.

Demain je prends mes valises et file à Paris pour partir le lendemain vers le rêve d’un gosse, le rêve de tout pratiquant d’arts martiaux japonais: le pays du soleil levant.

Excité. Impatient. Gaie comme un larron, que je suis!

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Un projet porté depuis plus d’un an à la demande de mon maître, Minoru Akuzawa, fondateur d’Aunkai. Je suis tout heureux car ma femme m’accompagne ainsi que plusieurs amis et cinq de mes élèves.

Le voyage sera intense et l’aventure riche en partage. Je n’en attends pas moins!

Gambatte!!!!

Niten-No-Budo

Niten-No-Budo est le blog de Matthieu, en fait son deuxième blog enrichis d’un projet personnel qu’il mûrit depuis un moment.

J’ai rencontré Matthieu en 2011 lors du premier stage d’Aunkai que j’avais donné chez de Farouk et c’est avec plaisir que je l’ai revu lors du stage avec Akuzawa sensei que j’ai organisé ce 20 avril dernier.

Je viens de lire son compte-rendu et j’ai apprécié son sens du détails. Et ne peux que vous inviter à lire celui-ci et à le parcourir. Vous y  trouverez entre autres des réalisations, desseins, esquisses et sculptures  de notre jeune passionné. Sans oublier les sujets portants sur les arts martiaux et ses divers comptes-rendus de stage.

Bonne continuation Matthieu et à bientôt!

Matthieu et Akuzawa sensei (avril 2013)

Les raisons de la création de l’aunkai…

Un entretien sur le net avec Minoru Akuzawa, fondateur d’Aunkaï.

Photo de Marguerite Van Groeningen

Différentes hypothèses circulent sur le cursus de Me Akuzawa et sur ses raisons portant sur la création d’Aunkaï certaines débattant sur la nature même de celui-ci. 

Organisant les tournées de stages d’Akuzawa senseï en France et en Belgique depuis plus d’un an je tenais, tant pour moi même que pour les internautes intéressés par cette discipline, à éclaircir certaines choses avant qu’elles ne tombent dans le domaine du fantasme si fréquent dans le milieu des arts martiaux.

Voici la transcription d’un échange que j’ai eu avec Akuzawa sensei :

« A 20 ans, j’ai compris les bases des arts martiaux chinois mais j’étais jeune. Quand je participais aux compétitions de sanda, je n’avais pas une bonne connaissance de notre corps.
En cumulant kunren (exercices à deux ndlr)  et expériences, beaucoup d’idées me sont venues à l’esprit. On peut dire cela pour les arts martiaux, mais aussi pour tout, les personnes étudient à partir de choses déjà apprises. Évidemment il y a également ce genre de processus dans les arts martiaux, mais la finalité est ce que l’on met en valeur par sa réflexion personnelle. Si l’on perçoit les différentes pistes de recherche existantes, il n’y aura pas de fin aux exercices développés dans les arts martiaux. C’est parce que les arts martiaux ont ce sens que l’aunkai existe.

Photo de Marguerite Van Groeningen

Karate, aikido, systema, arts martiaux chinois, il y en a plein finalement, et tous s’organisent en fonction des limites physiques et de la corpulence des individus.
Il ne doit rien avoir qui puisse dicter à notre esprit et à notre corps ce qu’ils doivent faire.

L’aunkai c’est l’exploitation de toute l’étendue de la conscience et du corps, mais a aussi un rôle d’outil.
Une personne normale n’y verra qu’un simple déplacement ou une forme, elle n’y croira pas.

En fait, le plus important, c’est qu’il y a une vérité dans ce que les yeux ne voient pas. (l’intérieur du corps ou encore la conscience de son système nerveux).

C’est sans doute pourquoi les gens essaient divers arts arts martiaux comme le Systema, Taikiken, aikido, karate… et les comparent.

L’aunkai ce n’est pas seulement une technique de combat, c’est la possibilité d’exploiter également la force potentielle qui existe naturellement chez l’Homme.

Photo de Marguerite Van Groeningen

Dans les faits, comme on ne peut pas comprendre sans apprendre par étapes, il faut que chaque personne travaille assidûment ses bases (c’est aussi ce que je fais…)

La possibilité d’élargir son horizon, c’est assembler ce que chacun possède en soi. (C’est pourquoi j’espère que mon mode de vie prend un sens).

Je n’ai pas été l’élève d’un maître unique, j’ai pratiqué seul quand j’étais jeune les vieux courants d’arts martiaux de style taijutsu (ce n’était pas un courant précis car la personne qui m’a enseigné au début pratiquait elle-même différents courants). 


Ensuite, afin de m’entraîner pour les compétitions de sanda, je me suis exercé aux techniques de lutte du jigotai.

Vers 20 ans, comme j’avais appris les bases et la lutte, j’avais énormément progressé et j’ai créé l’aunkai en tant qu’association d’arts martiaux.

Dès lors, le programme d’études de l’aunkai s’est vite développé mais contrairement à ce qui se fait généralement, je n’en ai pas fait une discipline fixe qui pourrait se définir avec des « ici nous faisons ceci et cela ». L’aunkai est différent en cela par exemple du karate ou de l’aikido.


Si je dois parler des résultats de mon enseignement, peu importe que ce soit une culture japonaise, chinoise ou encore américaine.

Il s’agit de ce que l’être humain fait, c’est pourquoi la compréhension de son corps, son entraînement, l’intériorisation de cette compréhension par le corps sont très importants.

C’est ainsi qu’avec ma réflexion et mon travail est né le système d’entraînement de l’aunkai et qu’avec les techniques s’enclenche un processus de progression.

L’aunkai pourrait alors se définir comme  » Emprunt de techniques d’arts martiaux japonais traditionnels et de bases chinoises pour la création d’un corps adapté aux applications martiales. »

L’utilisation du nom de certaines disciplines cité plus haut sont juste le résultat de mes propres vagabondages (l’échange se faisant entre senseï et moi) et ne sont en aucun cas la cible d’une comparaison de la part du Me Akuzawa. 

Merci à Sandra pour sa patience et ses traductions, à Serge pour l’aide dans la transcription cohérente du texte final et à Me Akuzawa pour ses réponses.

Retour d’un pratiquant

En attendant la vidéo de cette rencontre avec mon appréciation sur ces quelques jours passé à la pratique d’Aunkaï. Je vous livre le CR d’un pratiquant, Pierre, qui suit depuis deux ans la formation instructeur auprès d’Akuzawa senseï.

« C’est aux Passadoires pour la 2ème édition du Aunkaï All Star Summer Camp dans les Cévennes nous nous sommes retrouvés afin mettre en commun notre travail personnel et notre interprétation de l’Aunkaï dans un esprit de partage.

Le cadre et l’accueil de Jean-Philippe et des personnes habitants les lieux
furent impeccables.

C’est un vrai plaisir de pouvoir travailler l’Aunkaï dans des exercices à 2 et plus. Comme il a mainte fois été dit, l’Aunkaï est une pratique austère et solitaire la plupart du temps; travail sur nos sensations kinesthésiques, sur le tonus de fond et d’action, l’équilibre, les coordinations et dissociations,… Mais le seul moment où l’on peu juger de ses progrès c’est dans la relation.

Le planning était bien organisé : Tanrens et exercices divers le matin avec baignade dans un cadre idyllique. Retour à la pratique en fin d’après midi, en visionnant des vidéos de Senseï Akuzawa afin d’échanger nos ressenties sur ce qui se passe dans certains passages, échanges et mise pratique.

Je ne rentrerai pas dans les détails des exercices pratiqués mais au-delà de la pratique en elle-même c’est l’échange voir parfois la confrontation des points de vue qui permet de progresser. Les participants venaient de divers horizons martiaux : QiQong, TaïChi Chen, Karate, Aïkido, Danse, Musicien Batteur et Fitness.

Ce fût extrêmement enrichissant pour tous car l’Aunkaï est une pratique que l’on s’approprie dans un premier temps par rapport à notre vécu corporel. Des personnes venant par exemple de l’Aïkido auront plus facilité pour travailler sur Age Te et le faire partager alors que d’autre venant du Karate mettront plus facilement en pratique les « frappes » travaillés dans l’Aunkaï. Chacun avec son vécu apporte une pierre à la compréhension globale que nous avons de l’Aunkaï. Chacun proposant aussi des images afin de renforcer les sensations que nous sommes sensés trouver par la pratique des Tanrens.

Senseï Akuzawa encourage ses élèves à rechercher et à étudier. Comme il le dit dans une interview « Qu’est ce qu’une année de Tanrens sans idées ? ».

Lors de ce stage nous avons pu explorer des pistes nouvelles et avons essayé des variations d’exercices existants en imposant de nouvelles contraintes afin de renforcer la sensation de structure. Avec parfois des résultats probants et d’autres fois plutôt hilarants ^^.

Ces moments importants permettent de progresser, de repartir avec du matériel de travail, et de retourner s’entrainer seul avec de nouvelles sensations à explorer.

En plus de l’échange sur la pratique nous avons passé de très bon moments de détente et de discutions informelles autour d’un bon repas et d’un bon verre.

L’Aunkaï est une discipline en devenir que j’aimerais voir se développer en gardant cet esprit fraternité qui nous à animé lors de ce stage.

A bon entendeur, salut ! »

Interview d’Akuzawa Senseï, « comment dépasser ses limites »

Lors du dernier séminaire, l’équipe du Karaté Bushido à interviewé senseï Aukuzawa. Voici un court extrait de cette interview parue dans le numéro 1112.

« Je n’estime pas avoir créé un nouvel art martial. J’utilise ce que les anciens ont appris pendant des siècles. Je réfléchis sur la manière dont ils appréhendaient leur art, à une époque où il était fait pour tuer. Je considère l’Aunkaï plus comme un Bujutsu qu’un Budo.

Le Bujutsu est à prendre dans le contexte de la vie quotidienne et il est sans cesse en évolution. Dans l’Aunkaï, je montre à mes élèves ce que j’ai pensé. Mais mes étudiants vont aussi réfléchir. Nous ne sommes pas dans une logique de copie mais d’évolution. Je ne transmets pas la copie conforme de ce que j’ai appris il y a 25 ans mais une version que j’ai  travaillée et repensée. Dans le Budo, comme en sport, chacun fait comme le maître. En Bujutsu, nous devons réfléchir par nous-mêmes.

Je suis dans la réflexion, pas dans la révision. J’essaie d’aller au-delà de la technique. »

Les propos recueillis par  Ludovic Mauchien avec les photos de Johann Vayriot.

Page du Karaté Bushido. Photo de Johann Vayriot

Sur la trace des Tanren

On échangeant avec un pratiquant d’Aïkido Saito-ha qui suit de près les stages de Toby Threadgill (1) de la Shindo Yoshin Ryû, je me suis rappelé ces phrases.

« C’était un véritable maître et ses gestes étaient totalement différents. Le moindre de ses mouvements m’envoyer voler car tout en lui était lié. C’est cette sensation qui m’a inspiré.
Je l’ai suivi pendant un an et il m’a enseigné les fondements du taïjutsu. Il avait maîtrisé plusieurs écoles et m’a notamment transmis des formes de Yagyu Shingan ryu. Cela a réellement été la source des recherches qui m’ont amenées à fonder l’Aunkaï. »

[extrait de l’interview d’Akuzawa senseï réalisé par L.Tamaki]

En dehors de son cursus des arts chinois, Hsing I et Tai Chi, qu’Akuzawa senseï à exprimé dans le Sanda vers 1984, c’est dans les koryu qu’on retrouve ce goût particulier qui défini sa pratique.

Ses principales influences viennent de Sagawa ha Daito ryu et Yagyu Shingan ryu. Si on regarde les liens historiques entre Akiyama Yoshin ryu et le Daito ryu nous serons pas étonné de retrouver des similitudes entre son travail et les NairikiYoshin ryu no Gyo.

Le Nairiki no gyo est une forme solo qui travaille l’alignement de la posture en recherchant une dynamique entre le haut et le bas du corps. Elle favorise la force interne (énergie) grâce à un bon équilibre entre les mouvements et les tensions musculaires.

Voici les similitudes des positions et « principes » dans le travail des deux écoles qu’on peut voir aux travers de ces photos.

Toby Threadgill

Threadgill Seminar 2011
Toby Threadgill, Menkyo Kaiden, Shindo Yoshin ryu lors d’un séminaire de 2011 (photo tiré de la galerie de Swiss Wadokai Karatedo Renmei)
Threadgill Seminar 2011

Toby Threadgill, Menkyo Kaiden, Shindo Yoshin ryu lors d'un séminaire de 2011 (photo tiré de la galerie de Swiss Wadokai Karatedo Renmei)

Akuzawa Minoru lors d'une Master Class à Herblay 2010

Travail de taijiku kunren entre kiaz et Akuzawa

Travail de la structure entre Akuzawa senseï et Manabu Watanabe

Bien sur, il s’agit ici de pure réflexion personnelle, d’une spéculation plus au moins hasardeuse en vue et en sus des images et vidéos.

 

(1) Toby Threadgill est dépositaire de la Takamura ha Shindo Yoshin ryu

Retour sur le séminaire d’Aunkai d’octobre 2011

Une autre page vient de se tourner avec la fin de la tournée franco-belge de Minoru Akuzawa du deuxième semestre 2011.

Personnellement, c’était la plus stressante en terme d’organisation du fait du changement de staff mais les efforts en valaient la chandelle! Un merci tout particulier à Manu sans qui on en serait pas là.

Bruxelles:

Rien n’a dire sur le côté professionnel de l’équipe belge qui s’est encore une fois distingué par sa sympathie et son professionnalisme.

Robert et Steph n’ont pas arrêté et tout s’est déroulé comme sur des roulettes. L’ambiance chaleureuse et la bonne bière ont encore été au rdv.

Travail de la structure en déplacement entre Inge et Akuzawa

La présence de Takako, une pratiquante de kendo d’origine japonaise, comme traductrice à poussé senseï dans des explications sur sa méthode. Explications qui malheureusement, avec tous les efforts de traduction n’ont pas pu profiter aux stagiaires pour cause de difficultés de compréhension des principes propres à la méthode et du vocabulaire.  Alourdissant la première soirée en rendant l’approche de l’Aunkai encore plus difficile.

Séminaire bruxellois oct. 2011

Un autre point à souligner est l’apparition bien prononcé des étirements au début et à la fin de la séance. J’avais oublier comment je pouvais être raide!

Cette session bruxelloise fut « plus technique » avec le travail de quelques techniques s’apparentant au shiho nage et kote gaeshi. Côté tanren seul maho et shiko furent travaillé en profondeur.

Travail des connexions et d'utilisation optimal du corps

Paris:

Et la cinquième session de formation instructeur suivi de la Master Class ouverte au public.

Je suis toujours agréablement surpris par l’ambiance régnante lors de ces quatre jours. Même si neuf nouvelles personnes ont participé à ce cinquième opus une quinzaine d’anciens les ont accueillis à bras ouvert en les accompagnant tout le long du stage. Retrouver la notion d’ancien prenant en charge le nouveau après seulement quelques stages montre pour moi l’engagement de ceux-ci dans la pratique et de leurs position au sein de l’école.

Recherche de l'alignement et de la verticalité

J’ai tout de même relevé un bémol tant au niveau de la FI que celle de la MC. Senseï suit sa logique de transmission, d’apprentissage plutôt, ce qui à tendance de mettre les nouveaux à l’écart des bases de la méthode.

Autant les dernières sessions ont été exclusivement axées sur les bases, avec des répétitions inlassables de tanren. Ce qui à eu pour le mérite de forger les racines fortes en permettant d’aborder les principes d’Aunkai d’une manière plus naturelle, autant cette fois-ci les nouveaux en ont fait l’impasse. Ce qui pour moi leur sera d’un handicap certains dans un futur proche car ils arriverons rapidement dans une impasse.

Contrôle du partenaire au travers du bâton

Côté techniques, l’approche à encore été mise la dynamique entre le haut et le bas du corps. Insistant sur la verticalité, l’alignement corporel et les connexions entre les différents axes du corps. Le relâchement et l’utilisation de la colonne vertébrale ont bien été expliqué pour démontrer la puissance des frappes.

Au delà d’une nouvelle notion, celle du kuzushi, les points habituellement précisé furent repris, re-précisé et corrigé:

  • position plus haute sur maho
  • respiration calé sur le mouvement
  • déplacement du centre de gravité sur les trois axes verticaux
  • mobilisation du « centre » par l’effet de compression exercé par l’abaissement du thorax et stimulation du diaphragme
  • étirement et l’utilisation de l’axe principal par l’effet de pression des chaînes musculaires (antérieure et postérieure) sur le zone du tronc

Décomposition du travail de kuzushi au travers du taijiku kunren (push-out) debout, en maho, libre sur place et dans une sorte de « mains-collante ». Sur lequel il s’agissait de prendre contact avec les poignets du partenaire en tournant autour tout en restant attentif à sa pression.

Agete avec Akuzawa senseï

Notre corps réagissant en fait à la moindre  pression, direction, initiative du partenaire pour s’adapter, changer de direction en épouse la forme de celui-ci.

Il s’agit de suivre la ligne « visant » le centre du partenaire tout en s’enroulant et frappant (au appliquant une technique, une clef) celui-ci.

Pour ce que j’en ai compris, la notion de kuzushi comprend non seulement la recherche du déséquilibre du partenaire/adversaire mais également les notions de coller et de contrôler . Il s’agit de bouger, de se placer correctement selon les réactions du partenaire pour affaiblir sa structure en provoquant son déséquilibre tant physique que mental en l’empêchant de contre-réagir.

Tests en présence de senseï

Je reviendrais un peu plus sur ces notions qui m’éclairent dans ma pratique un peu plus profondément une prochaine fois.

Aunkai en France:

Akuzawa senseï à donné son feu vert pour la création d’une association française qui nous permettra de mieux structurer le développement de cette nouvelle école garantissant une meilleure prise en charge des différents protagonistes.

Un livret pédagogique sera également préparé, portant sur les points essentiels comme les tanren et surtout la philosophie de l’Aunkai.

Pour terminer ce bref CR je ne dirais qu’une seule chose: vivement la prochaine!

La Master Classe octobre 2011

PS.

Un second stage national des instructeurs sera programmé courant janvier 2012.

Akuzawa senseï, Manu et Christophe (photo de Nori Kubota)